✉️ info@yogasystema.com


Ahimsā, la non-violence

La splendeur de la nature reconnecte souvent à cette bonté fondamentale de la vie, qui invite alors aux yamas et niyamas.
 

Tout le monde a entendu parler de cette vertu que le Mahatma Gandhi a fait sienne dans la reconquête pacifique de son pays soumis au joug anglais depuis plusieurs siècles, et qu’il a achevée en 1947.

D’ailleurs, on pourrait presque dire que chacun d’entre nous l’adopte, en tout cas en apparence.

Sauf quelques individus très particuliers qui, dans un mouvement un peu adolescent d’affirmation de soi, ou sujets à de grands troubles psychiatriques, se disent ouvertement « violents », même un meurtrier va tenter de justifier son acte en arguant une « provocation », un « manque de respect » de la victime qui l’aurait poussé, bien malgré lui car il est en général « non-violent », à l’acte.

Cela prouve que, dans sa construction, l’être humain a besoin de se sentir appartenir à une communauté avec laquelle il est en paix, donc non-violent, et de lutter férocement contre l’ennemi extérieur. Les criminels du quotidien vouent souvent un véritable culte à leur mère, à leur famille, bien que capable d’abattre une personne de sang froid. D’ailleurs, même un membre du clan qui en enfreindrait les lois pourrait être mis à mort. Mais… ça ne serait pas de la violence, car la personne l’aurait « mérité »!

À plus petite échelle, nous sommes tous ce criminel, ce membre du clan qui venge l’affront dans le sang.

En tant que pratiquants de yoga, nous savons que Patañjali a présenté ahimsā comme un préalable indispensable au progrès spirituel. Et nous nous efforçons, au quotidien, de cheminer vers ce but.

Mais il faut avoir à l’esprit que la violence a pour particularité de se cacher là où l’attend le moins. Nous haïssons les mangeurs de viande, mais c’est par bonté envers les animaux, les personnes qui ont un véhicule diesel, mais c’est par souci de la planète, les autres professeurs de yoga, mais c’est parce qu’ils « ne font pas du vrai yoga »…

Bref: notre violence, avec l’aide du mental, toujours prêt à venir en aide à notre ego, car c’est encore lui qui est derrière le processus de violence, va se revêtir de toutes les vertus: antiracisme, écologisme, protection animale, défense de la tradition du yoga et j’en passe… La seule limite sera… notre imagination.

Un autre refuge de la violence est l’humour.
Quand j’étais enfant, je me souviens d’une phrase entendue souvent dans le cour de récréation: « Tu es moche… Non je plaisante! »
Plus tard, de moqueries collectives ou de médisances auxquelles, sous peine de ne « pas avoir de sens de l’humour », il fallait participer. Encore une manière de souder le groupe. C’est compréhensible biologiquement, mais pas spirituellement. Sainte Thérèse d’Avila recommandait aux sœurs de ses monastères de « ne jamais critiquer rien ni personne ».
Beaucoup des pires crimes se font en riant, il faut s’en souvenir toujours, et dans la société du « délire » permanent dans laquelle nous vivons, soyons donc ceux qui acceptent de passer parfois pour trop sérieux, ce qui n’empêche pas de garder son sens de l’humour.

Ajoutons, pour être complets, une parole de Swami Shivananda:
« Celui qui tue une personne qui s’apprêtait à tuer une autre personne pratique la non-violence ». Cette phrase provocatrice doit nous faire réfléchir au fait que l’action seule ne suffit pas à définir la présence ou l’absence d’ahimsā.
En effet, c’est toujours le motif, l’état d’esprit sous-jacent que nous devons observer pour déterminer si, oui ou non, nous sommes violents.

Comme on le dit souvent, un simple mot peut être plus dévastateur qu’un coup de poing dans la figure…

« Aime et fais ce que tu veux » disait Saint Augustin; oui, mais aimer Dieu et son prochain d’un amour infini n’est peut-être pas encore à notre portée.

En attendant, il faudra faire attention!

Laisser un commentaire