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LE YOGA APRÈS 40 ANS

La posture de Supta Virasana, variation plus intense de Virasana, qui étire les cuisses, renforce les arches des pieds, améliore la digestion, et ouvre la poitrine.

En me promenant sur YouTube pour me tenir au courant des dernières évolution des pratiques, et en visionnant des vidéos de yoga en français et en anglais, je me suis souvent fait la réflexion suivante: pourquoi ne voit-on que peu de pratiquants de plus de 40 ans?

En me promenant sur YouTube pour me tenir au courant des dernières évolution des pratiques, et en visionnant des vidéos de yoga en français et en anglais, je me suis souvent fait la réflexion suivante: pourquoi ne voit-on que peu de pratiquants de plus de 40 ans?
Surtout dans les formes les plus physiques de yoga (type « Vinyāsa » ou « Aṣṭāṅga »), on peut souvent admirer les postures magnifiques, les enchaînements gracieux d’une jeune femme aux allures de danseuse, ou de gymnaste. Cela peut être aussi un homme aux muscles saillants qui va, en toute légèreté, monter debout sur une main, ou commencer à faire des pompes la tête en bas.

Une variation athlétique de la posture Adhomukha vriksasana

Le sujet de cet article n’est pas de trancher la sempiternelle question « est-ce du yoga ou pas? », mais plutôt nous interroger sur les raisons qui font que l’on voit surtout des « jeunes » sur ces vidéos… et probablement dans leurs cours, si ils en donnent.

La première explication est bien entendu esthétique. Une plastique avantageuse va « faire plus de vues », va plus attirer qu’un corps marqué par les ans. C’est la loi du marché, peut-être même de la nature, et il faut s’y résoudre!

La deuxième explication est également évidente: il est plus facile d’exécuter les postures de yoga les plus physiques à 25 ans qu’à 50, et donc il n’y a que très peu de pratiquants de yoga de plus de 40 ans qui peuvent se prêter à ce genre d’exercices.

Citons également, en troisième lieu, le fait que, tout simplement, les « jeunes » sont plus à l’aise sur les réseaux sociaux, et donc plus à même de poster des vidéo de yoga.

Mais, et nous entrons dans le vif du sujet, il y a une quatrième raison, qui va nous amener à aborder la question sous un tout autre angle: Pour de très nombreuses positions du yoga moderne, l' »espérance de vie » des articulations et des cartilages est limitée.

Combien vois-je désormais dans mes cours de ménisques fissurés, de tendinites d’épaules, de hernies des cervicales ou des lombaires, sans oublier le désormais banal kyste synovial du poignet, du à une fuite de ce précieux liquide hors de l’articulation? Merci, les postures sur les mains pratiquées dix fois par jour, la planche basse suivie du « chien tête en haut », les flexions arrière extrêmes!

De cette dernière explication dont il est presque tabou de faire mention tant nous tenons parfois à nos petites acrobaties, découle la principale raison, selon moi, pour laquelle peu d' »anciens » sont visibles en ligne. Ils se sont blessés et disparaissent de cette compétition posturale.

Alors… qu’en est-il de notre pratique?
Cela veut-il dire que, passé un certain âge, le yoga n’est plus pour nous?

Planche sur les mains avec flexion arrière intense

En fait, c’est tout le contraire: Avec les années, ce qui restera de notre pratique sera… l’essentiel. Adieu les exercices qui n’avaient aucune base traditionnelle, adieu les illusions de se transformer en serpent ou en Superman. Même notre pratique du prāṇāyāma devra se faire dans le respect des équilibres du corps, dans la non-violence (ahimsa). Redécouvrons les postures tenues, la patience.

Il nous faut écouter les réactions de nos articulations, continuer les exercices qui nous font du bien, rejeter sans pitié les autres, en cessant de nous dire « Si ça me fait mal, c’est que je l’ai mal fait », ce qui est parfois vrai, mais souvent faux. Le cas typique est la posture sur la tête (śīrṣāsana), qui ne convient pas à tout le monde, loin s’en faut.

Il n’y a qu’à voir l’évolution de la pédagogie de BKS Iyengar au cours de sa carrière d’enseignant pour s’en convaincre. Il a abandonné de nombreuses postures et utilisait un nombre impressionant de supports, parfois jusqu’à l’extrême.

Plus nous avançons en âge, plus le Yoga va deviendra, méditatif, profond et doux à la fois, plus il va devenir notre ami, et moins il sera le serviteur de notre ego.
N’est-ce pas le sens véritable de la pratique?

Revenir à l'essentiel du yoga, cheminer vers le Soi en laissant derrière l'égo

Terminons par quelques conseils pratiques pour que le Yoga nous accompagne efficacement vers un vieillissement heureux, et une paix de l’esprit sucrée comme un fruit mûr:

1. Ne pratiquez pas les postures en appui sur les mains, type planche, corbeau etc. (sauf position à quatre pattes) plus de deux fois par semaine, et si vos poignets deviennent douloureux, passez à une fois par semaine maximum. Ces postures ne sont pas essentielles. La planche peut être remplacée par la planche sur les avant-bras.

Supprimez la posture sur les mains (adhomukha vṛkṣāsana), remplacez la par piñcha mayūrāsana

3. Soyez très prudents avec la posture sur la tête (śīrṣāsana). En cas de douleurs dans la nuque, remplacez-la par la « chandelle » (sarvaṅgāsana)

4. Soyez progressifs dans les étirements, prenez le temps de bien échauffer votre corps avant de passer aux postures plus exigeantes, surtout en flexion arrière.

5. Avec les années, privilégiez le prāṇāyāma et la méditation. et ne pratiquez pas les āsanas physiques plus d’une heure par jour.

Si vous respectez votre corps, le Yoga vous accompagnera tout au long de votre vie!

Pour des informations plus détaillées, vous pouvez contacter Sébastien pour un cours privé, ou rejoindre la formation Yoga Systema.

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